6 109 Vues
  • Currently 3.25/5
3.3/5

Get Rich Or Die Tryin', anatomie d'un classique [DOSSIER]

Posté le 06 Février 2018 à 12h02, par Aurelien
Get Rich Or Die Tryin', anatomie d'un classique [DOSSIER]

Considéré comme passé de mode au début des années 2000, le gangsta rap va renaître de ses cendres de la manière la plus étincelante qui soit en la personne de 50 Cent.

Ancien dealeur réchappé de justesse du destin qui lui était promis (la mort ou la prison), celui qui se faisait surnommé Boo Boo dans son Queens natal incarne alors le fantasme ultime de l’imagerie ghetto. Armé, tatoué et protéiné, il rappe à temps plein une vie où seul le crime paie. Une vie dont il donne corps sans que quiconque ne remette en question sa crédibilité de rue.

Épaulé par Eminem et Dr. Dre, 50 est réputé invincible avant même que son premier album ne sorte. Et puis le 6 février 2003, Get Rich Or Die Tryin’ arrive finalement dans les bacs, rencontrant le succès sans précédent que l’on sait.

Quinze ans après l’onde de choc se fait-elle toujours autant sentir ? Réponse titre par titre.

1. Intro

Le bruit d’une pièce d’une pièce d’un demi-dollar qui tournoie, celui d’un gun en train d’être chargé, sans même qu’un mot soit prononcé le programme est annoncé.

2. What Up Gangsta

Après avoir dédicacé et les Crips et les Bloods avant même le premier couplet, sur une instru des plus martiales Fiddy proclame son invincibilité en se comparant ouvertement à un Superman du ghetto.

Le genre de son tellement crapuleux qu'il donne envie de braquer sa propre caisse.

3. Patiently Waiting

Cette première (et meilleure) collaboration avec son « favorite white boy » prouve de la façon la plus éclatante que l’alchimie entre les deux hommes n’était absolument pas feinte.

Si Eminem (qui assure également la prod) a beau jeu de comparer son poulain à un mélange de 2Pac et de Biggie, il ne lui en vole pas moins la vedette en sortant l’un des meilleurs couplets de sa carrière.

4. Many Men (Wish Death)

Peut-être le morceau le plus emblématique de l’album tant il concilie le sens de la mélodie de son auteur et la crudité de son univers.

Fifty n’hésite en effet pas à citer nommément Darryl ‘Hommo’ Baum, l’un des principaux suspects de la fusillade dont il a été victime et qui a été retrouvé mort trois semaines après les faits.

5. In da Club

Au-delà des chiffres, le single sans qui l’histoire aurait pris une tournure bien différente.

Du refrain au gimmick (« Go, shawty / It's your birthday ») en passant par la ligne de basse, In Da Club s’est imposé non seulement comme un phénomène culturel, mais aussi comme le mètre étalon du banger rap.

Encore merci aux D12 pour avoir décliné le beat.

6. High All the Time

Boxeur assidu dans sa jeunesse, 50 Cent partage avec Jay Z le fait de n’avoir jamais vraiment bu ou fumé, et ce même lorsqu'il vivait la vie de quartier.

Cela ne va cependant pas l’empêcher de dédier un morceau à la première personne aux joies de la défonce, et ce parce que de son propre aveu il voyait « d’autres artistes vendre 500 000 disques en abordant ce sujet ».

7. Heat

Pour sa seconde production de l’album, Dre remplace audacieusement la batterie par des coups de feu.

Galvanisé, Fiddy fanfaronne que ni le succès, ni la gloire, ni les billets ne l’empêcheront de faire ce qu’il a à faire. Gangsta jusqu’au bout, il va jusqu’à mettre au défi le procureur d’utiliser cette piste comme pièce à conviction en cas d’homicide.

8. If I Can't

Hymne à la motivation aussi percutant qu’entraînant, If I Can’t a manqué de peu d’être le lead single de GRODT en lieu et place d’In Da Club.

Selon Eminem, 50, Paul Rosenerg, Chris Lighty, Jimmy Iovine et lui étaient tellement partagés sur ce choix qu’ils ont fini par trancher en jouant à pile ou face.

9. Blood Hound

Sur une instru dégingandée, Young Buck fait son entrée dans le grand bain.

Alors que les premières notes sont pleines de promesses, le titre a cependant du mal à tenir la distance, notamment à cause d’un refrain un peu faiblard, mais aussi à cause de ce parti-pris vite rébarbatif de faire résonner chaque fin de phrase.

10. Back Down

Attaque frontale du « New York City's own bad guy » contre toute la clique Murder Inc. (l’histoire se souviendra de Cadillac Tah et Black Child au moins pour ça), ce clash brise un tabou en désignant ses destinataires par leurs « government names ».

Après musicalement parlant, c’est loin d’être l’un des sommets de l’album. Et de deux fillers de suite ?

11. P.I.M.P.

Version non remixée du troisième single, cette ode fictionnelle au proxénétisme s’inscrit dans la lignée de High All the Time, un petit côté cartoonesque (et misogyne) en plus.

Un hit gentiment entraînant mais sans plus qui quinze ans après est toujours joué régulièrement en soirées. Et tant pis si le clip offre son lot de moments gênants, à commencer par Fiddy qui sort son « bâton magique » sans que personne ne lui ait rien demandé.

12. Like My Style

Un egotrip efficace tout ce qu’il y a de plus classique où Tony Yayo vient jouer au sidekick sur une prod de Rockwilder.

À noter que Fiddy y dévoile l’une des recettes de son succès lorsqu’il admet le plus tranquillement du monde « I'm a New Yorker, but I sound Southern » – la balle qu’il a reçu dans la joue lui ayant donné ce flow lancinant très connoté Dirty South.

13. Poor Lil Rich

Peut-être encore plus que les armes à feu, étaler à qui veut l’entendre sa vie de nouveau riche est le thème préféré de la discographie de Curtis Jackson.

Un peu comme Biggie avec Juicy ou Jay Z avec In My Lifetime, pressentant son arrivée au sommet, il rappe ici tout son soulagement d’être sorti de la misère.

14. 21 Questions   

« Alors qu’une chanson d’LL Cool J tournait dans ma caisse, la fille qui était avec moi semblait particulièrement l’apprécier. C’était une chanson douce, mais elle lui faisait tellement d’effet que je me suis dit qu’il me fallait un titre qui accroche les filles de la même façon. »

Un sample de Barry White et un refrain de Nate Dogg plus tard, le tour était joué.

15. Don't Push Me

Retour à la street toute testostérone dehors avec cette première apparition du poto Lloyd Banks et la seconde du Slim Shady.

Une fois encore, 50 prévient qu’il n’est pas le genre de personne qu’il faut s’amuser à tester, ce qui après quatorze pistes dans le même ton commence un peu à sonner répétitif. 

16. Gotta Make It to Heaven

Assez ironiquement ce très correct dernier track avant les bonus pèche à cause de son refrain bien trop banal et mollasson.

Dommage, il y avait matière à mettre fin aux débats sur une note plus élevée.

17. Wanksta

Présent sur la mixtape No Mercy No Fear puis incorporé à la BO de 8 Mile, ce premier titre de l’ère Shady/Aftermath condense à lui seul tout ce qui fait la force et l’efficacité de 50 Cent au micro.

« Damn homie! In high school you was the man homie! », punchline de l’album ?

18. U Not Like Me

Histoires de guns, rimes sur les guns, menaces de sortir son gun… S’en est parfois à se demander si Fifty n’était pas sponsorisé par la NRA.

Là encore une piste ressortie des années pré-fusillade/Eminem.

Solide.

19. Lifes on line

Repris du jamais sorti Power Of The Dollar, un morceau clairement pas des plus subtils, mais qui compense par une agressivité sans limite. Et pour cause, il s’agit de sa première attaque contre Ja Rule et son crew.

Le verdit quinze ans après

Qui osera remettre en question le statut de Get Rich Or Die Tryin' ?

Monument du rap tant pour son impact commercial que culturel, le disque présente tout de même de sacrées lacunes – dont beaucoup avaient été relevées à l’époque par la critique soit dit en passant.

Si le son proposé n’a pas vieilli, difficile en revanche d’en dire autant des textes tant ces derniers étaient directement corrélés à l’aura de son auteur plus qu’à une quelconque qualité littéraire. Trop premier degrés, trop caricaturaux, en 2018 ils tiennent parfois de la parodie.

Autre reproche : de nombreux titres se ressemblent. Non pas qu’ils soient fondamentalement mauvais (quand bien même certains se révèlent assez dispensables), mais à force de gémellité, ils finissent par former une sorte de ventre un peu mou dans la seconde partie.

Si pour l’album parfait il donc faudra repasser (a-t-on d'ailleurs le droit de lui préférer ouvertement Beg For Mercy ?), GRODT n’en reste pas moins une tuerie que ce soit niveau ambiance, refrains et singles.

Donne ton avis

Auteur (@AurelienBurlet )

Aurelien : « Certains veulent un boule, d'autres des sapes, beaucoup veulent faire fortune, je voulais juste être cool » (1201 articles publiés) Aurelien est sur twitter, vous pouvez le contacter sur @AurelienBurlet.

11 commentaires sur la news

Pseudo
Mail

Top Commentaires

Excellent article

Pseudonyme le 06/02/2018 à 17h19 - Réagir au message - Signaler - 0Soutenir +1

Excellent article. (Et c'est pas le 1er : Aurelien cumule les excellents articles depuis un certain temps ). Bravo et continue comme ça :)

Wesh morray le 06/02/2018 à 22h10 - Réagir au message - Signaler - 0Soutenir +1

Tous les Commentaires

" Considéré comme passé de mode au début des années 2000 le gangsta rap va renaître de ses cendres de la manière la plus étincelante qui soit en la personne de 50 Cent.""

Je vais me répéter mais que ça soit le début ou la phrase toute entière ton affirmation est d'une connerie sans pareille. Tu parles de renaître de ses cendres (tel un phénix) tu sous entends que ce genre était mort. Et même le passé de mode est complètement inapproprié.

"En 2003 2001 a déjà quatre ans d'âge ce qui dans le rap est énorme."

Déjà 2001 est sorti fin 1999 son exploitation s'est poursuivie courant 2000 par les clips de Next Episode et Forgot about Dre. Tu affirmes qu'entre 2000 et 2003 le gangsta rap était passé de MODE mais comment expliques tu alors que le Up In Smoke Tour qui avait lieu durant cette période remplissait les salles. Uniquement par la présence d'Eminem?
J'ai très bien connu cette ère et les gros disques de gangsta rap qui sortaient ne manquaient pas les émissions Yo et Rap City proposaient des vidéos à la pelle de ce style de rap en plus que ces rappeurs faisaient aussi les couvertures de la presse spécialisée aux States.
Le gangsta rap n'était peut être pas à son zénith commercial à cette époque mais il était bien loin d'être marginalisé car un public au nombre conséquent témoignait d'une demande forte de cette musique et qu'il en avait eu en retour une offre riche et qualitativement il en avait pour son argent.

Impartial le 09/02/2018 à 16h25 - Réagir au message - Signaler - 0Soutenir +1

Vrai carton commercial faut arrêter The Last Meal The Peace Disc (et non The War) et Restless ont été de gros cartons même si The Marshal Mathers LP a été un phénomène tant qualitatif que quantitatif qui les a dépassé dans les charts genre 1 million d'exemplaires écoulés la première semaine.
Je ne peux pas te laisser dire que le gangsta rap était mort durant cette période parce que celui qui était n°1 des ventes n'en faisait pas. Sinon c'est comme tu disais que le rap de New York est mort parce qu'ils ne passent que de la trap à la radio tu vois où je veux en venir?

Et tu oublies la chanson "Wanksta" qui était aussi un clash contre Ja Rule d'ailleurs à la fin du clip on voit 50 Cent jeter une figurine à son effigie à la poubelle.

Impartial le 09/02/2018 à 01h09 - Réagir au message - Signaler - 0Soutenir +1

"Considéré comme PASSÉ DE MODE au début des années 2000"

Le texte de Wanksta n’est pas un clash contre Ja Rule.

Aurelien le 09/02/2018 à 01h09 - Signaler - 0Soutenir +1

C'est bien sûr un immense succès commercial et un des albums incontournable du début des années 2000 mais musicalement faut avouer que sa mérite pas l'appellation classic car rien que l'année là y'a eu de bien meilleurs albums (le black album de jay-z... Le double album d'outkast... champion sound de Jay Dilla et madlib...)
Et ouai on est d'accord beg for mercy et meilleur (d'ailleur Lloyd Banks est meilleur MC que 50)

Kouz1 le 07/02/2018 à 22h41 - Réagir au message - Signaler - 0Soutenir +1

Disons que c'est un classique au sens phénomène culturel.

Aurelien le 07/02/2018 à 22h41 - Signaler - 0Soutenir +1

" Considéré comme passé de mode au début des années 2000 le gangsta rap va renaître de ses cendres de la manière la plus étincelante qui soit en la personne de 50 Cent."

Je ne suis pas du tout d'accord avec cette phrase. Le gangsta rap au début des années 2000 n'était pas du tout moribond avant l'explosion de 50 Cent. En 2000 étaient sortis les albums "The Last Meal" de Snoop et "The War Disc" de Cube qui ont rencontré un énorme succès par des hits comme "Hennesy N Buddah" et " Until we rich" sans oublier l'album Restless de Xzibit avec son hit "X". En 2001 et 2002 les albums posthume "Until the end of time" et "Better Dayz" de Pac rencontre un gros succès aussi porté par le titre éponyme. D'autres albums au succès plus confidentiel entretiendront la flamme.

GRODT sans doute le meilleur album de 50 cent aucun des 18 sons proposés ne sont à jeter un peu étrange que tu ne relèves pas les sons clash assez présents sur l'album leur défaut de casser la fluidité de l'écoute du disque (ce que tu reprochais à Chronic) 15 ans après sa sortie.

Impartial le 07/02/2018 à 17h50 - Réagir au message - Signaler - 0Soutenir +1

En 2003 2001 a déjà quatre ans d'âge ce qui dans le rap est énorme. Les vrais cartons commerciaux de l'époque ce sont Eminem et le rap party de Nelly.

Le clash contre Ja Rule est au final assez limité quantitativement (Back Down le bonus track Lifes on line et c'est tout).

Aurelien le 07/02/2018 à 17h50 - Signaler - 0Soutenir +1

Un album cultissime mais suis-je le seul à préferer the Massacre ?

Protojaden le 07/02/2018 à 16h04 - Réagir au message - Signaler - 0Soutenir +1

Un grand merci.

Si ça vous a plu je ne saurais trop vous conseiller d'aller checker sur le même thème l’article "Mais que sont devenus les membres du G-Unit ?" qui vient également de sortir.

Peace.

Aurelien le 07/02/2018 à 06h38 - Réagir au message - Signaler - 0Soutenir +1

Excellent article. (Et c'est pas le 1er : Aurelien cumule les excellents articles depuis un certain temps ). Bravo et continue comme ça :)

Wesh morray le 06/02/2018 à 22h10 - Réagir au message - Signaler - 0Soutenir +1

Excellent article

Pseudonyme le 06/02/2018 à 17h19 - Réagir au message - Signaler - 0Soutenir +1

Reçois le top de l'actu

Reçois dans ta boite mail le top des actu du rap, foot et cinéma.

Le meilleur de l'actu

Ce jour où... Eminem a insulté celui qui le brutalisait à l'école
Snapchat répond à ceux qui veulent revoir l'ancienne version !
Booba : « J'aimerais faire un dernier disque et arrêter »
Toutes les actualités
Me connecter avec mon pseudo / email
Me connecter avec les réseaux sociaux Log avec Facebook
Pas encore inscrit sur Booskap ? M'inscrire
Mon avis sur cette nouvelle version de Booskap.